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OUAGADOUGOU, le grand caïman
C’est
au XVème siècle que les Mossis, peuple originaire du Tchad, ont commencé à
envahir la région à partir
du Ghana actuel où ils semblent s’être réfugiés, chassés de leurs
anciennes terres par la sécheresse ou par les berbères. Les villages indépendants
et rivaux qui peuplaient le territoire n’ont pu résister à l’invasion des
Mossis, peuple organisé en royaume et redoutable par sa cavalerie.
Le nouvel
empire Mossi n’a pas tardé à se scinder en 4 royaumes ; Tenkodogo,
Ouagadougou appelé alors Wogbo , Fada N-Gourma et Ouahigouya. Wogbo n’était
au début qu’un village de cases au milieu d’une zone marécageuse, mais
l’histoire de cette ville capitale se confond avec l’histoire du pays. L’invasion Mossi s’est faite en intégrant les populations autochtones, dans le respect des ethnies, de leurs coutumes et de leurs religions. Les 4 royaumes ont bien connu des relations conflictuelles, mais ils ont eu la sagesse de ne pas se combattre et de s’unir face aux menaces extérieures. Cet empire puissant a garanti ainsi à ses ressortissants 5 siècles de paix à l’intérieur de ses frontières.
A la fin
du XIXème siècle l’Afrique occidentale est devenue un terrain
d’affrontement pour les anglais et les français, l’empire Mossi est tombé
sous la domination française en 1897. Ouagadougou reste sous l’autorité de
son roi, le Moogho Naba, mais est soumis à l’administration française dans
le cadre d’un protectorat au sein d’un pays appelé Haute Volta, regroupant
les 4 royaumes Mossis. Les autorités françaises préfèrent installer leurs
services à Bobo Dioulasso à 300 km au sud-Ouest, région plus salubre et au
climat plus supportable.
La Haute
Volta avait déjà peu de ressources exploitables, par contre elle était très
peuplée de travailleurs potentiels appréciés. Alors a commencé la grande déportation
des jeunes hommes pour la mise en valeur des pays voisins, comme la Côte d’Ivoire
ou ils ont réalisé les plantations de cacao (l’histoire nous rattrape dans
le conflit actuel de ce pays).
Après la
seconde guerre mondiale qui a mobilisé toute la jeunesse du pays dans les
tirailleurs sénégalais, la Haute Volta a bénéficiée d’un régime de
semi-autonomie, qui lui a permis de forger une classe politique formée aux tâches
de gouvernement et d’envoyer des députés à Paris.
En 1960 la Haute Volta obtient son indépendance, Ouagadougou qui compte environ 100.000 habitants et a bénéficié pendant la colonisation de travaux d’assainissement des marécages avec l’aménagement de grands lacs entourant la ville, est érigée en capitale du nouvel État, elle est administrée par un Conseil Municipal (Joseph Conombo, a qui nous devons la naissance de notre jumelage, en est le Maire). C’est alors l’expérience d’une Première République (Président Yaméogo) laquelle succombera dès 1966 à un premier coup d’État (Pt Lamizana).
Ce premier
coup d’État est suivi de deux autres (1980 Pt Zerbo, 1982 Pt Ouédraogo) conduisant à un régime marxiste (1984 Pt Sankara) assez dur
sur le plan policier, mais qui a laissé dans la population un souvenir d’intégrité
et d’avantages sociaux. C‘est à ce moment que le pays prend le nom de
Burkina Faso (Pays des hommes intègres). Pendant cette période la commune de
Ouagadougou est dissoute, la ville est gérée par des Hauts Commissaires nommés
par le gouvernement. Un 4ème coup d’Etat en 1987 (Pt Compaoré) met fin aux régimes
d’exception et rétablit la République.
Une
constitution, très voisine de celle de notre 5ème République, est adoptée au
suffrage universel en 1991. Depuis la démocratie s’est installée
progressivement de l’élection d’un Président au suffrage universel en 1991
(Blaise Compaoré, qui commence en 2005 son 3ème mandat), jusqu’à la création
de communes sur l’ensemble du territoire achevée en 2006 (Ouagadougou est
redevenu commune en 1995- Maire, Simon Compaoré réélu en 2000 puis en 2006), en passant
par l’élection d’une Assemblée Nationale, la création
d’un Conseil d’État, d’un Conseil Constitutionnel, d’un Médiateur
de la République et bientôt de Conseils Régionaux.
La hiérarchie
Royale, dite coutumière, qui a résisté à tous les régimes est toujours en
place. Le Moogho Naba est toujours dans son palais entouré de ses ministres à
Ouagadougou, chaque village, chaque quartier en ville a son chef coutumier
entouré du Conseil des Anciens (les chefs de familles). L‘histoire explique
cet attachement des burkinabès pour l‘ancienne monarchie, c‘est grâce à
ses 5 siècles de tolérance que les 60 ethnies du Burkina cohabitent sans problèmes
et qu’il y a une parfaite harmonie entre les religions. La hiérarchie coutumière
est considérée comme un modérateur politique et un contre pouvoir occulte nécessaire.
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