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LE PROGRAMME LAMI
Il consistait à développer sur la ville de Ouagadougou une méthode préconisée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), pour se protéger du paludisme, maladie installée de manière endémique à Ouaga et souvent mortelle pour les enfants, consistant à dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Cette méthode est basée sur l’observation que la maladie est transmise par la piqûre de moustiques contaminés de type anophèle et par le fait que les anophèles ont une activité nocturne commençant tard dans la soirée. Le challenge était de vaincre la répugnance des gens de dormir sous un voile et de leur faire accepter les frais d’achat des moustiquaires à un prix “social”. Le Centre National de lutte contre le paludisme (CNPL) et la faculté de Ouaga ont assuré les études préalables en coopération avec des étudiants de Poitiers conduits par le Professeur Jacquemin, L’Ambassade de France a pris à sa charge la construction du siège social (bureaux, local de stockage, station de ré-imprégnations en insecticide des moustiquaires). Nous avons financé l’équipement (mobilier du Centre, kiosques de vente, en partie les opérations de promotion (spots télé, radio, théâtre forum et fêtes de quartier, casquettes, tee-shirts ...), l’achat du stock et un fonds de roulement et enfin l’évaluation finale par le CNLP. La ville de Ouaga a assuré le fonctionnement du Centre avec un Directeur et un comptable. Les opérations de vente ont été confiées à une association locale (Noung Taaba). LAMI était conçue comme une opération pilote sur un quartier de la ville (quartier de Pissy dans l’arrondissement de Boulmiougou) et devait servir de modèle pour diffuser ensuite la méthode sur l’ensemble de la ville. En 5 ans elle a vendu 12.000 moustiquaires sur sa zone d’action et a rendu la méthode populaire dans toute la ville au point qu‘il y parait désormais normal de dormir sous une moustiquaire imprégnée, ce qui ne veut pas dire que tout le monde le fait, les habitudes sont longues à changer et la pauvreté un handicap. Depuis 2003 l’OMS finance un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) avec de gros moyens et des moustiquaires à prix imbattables (3 euros). A Ouaga c’est un grand succès, LAMI avait bien labouré le terrain, il s’intègre à ce programme en recentrant son activité sur la ré-imprégnation des moustiquaires. La ré-imprégnation, qui doit se faire tous les 6 mois, a pour but de tuer les moustiques et pas seulement de les empêcher d’approcher le dormeur.
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