Carte postale du jumelage
Loudun-Ouagadougou
Cinq petites heures d’avion
et notre monde s’est renversé !
Notre grisaille hivernale,
froide et humide est devenue soleil, chaleur, sécheresse et poussière
Notre société tournée
vers un futur stressant s’est muée en société du présent avec ses plaisirs
qui passent, sa disponibilité et son accueil chaleureux.
Ce confort, dont le
maintien nous cause tant de soucis, est devenu plus sommaire et tout compte fait
bien suffisant. Il est vrai qu’il était encore bien au dessus de ce que
connaissent la plupart des burkinabès.
Et pourtant le séjour à
Ouagadougou de notre groupe de loudunais a débuté dans les lieux prestigieux
tels que le Palais des Congrès Internationaux, le Palais Présidentiel ou les
jardins de l’Ambassade de France, pour les Assises de la Coopération
Décentralisée France-Burkina. Plus d’un millier de congressistes des deux
pays et rien que du beau monde, gouvernants et responsables à des degrés
divers. Nous avons même eu la surprise d’entendre presque tous les orateurs
citer Monsieur Monory et la ville de Loudun comme les précurseurs de la
coopération Nord-Sud.


a suite, le suivi de nos
projets d’appui au développement axés sur l‘économie et la formation
(alphabétisation, Espaces Lecture pour le rattrapage scolaire, Centre d‘Accueil
d‘Entreprises, projet intégré de développement du quartier de
Bissighin...), nous a ramené aux réalités moins reluisantes du vrai pays. Les
visites domiciliaires à une douzaine des 127 enfants dont les études sont
parrainées par des familles du Loudunais et d’Audun le Tiche nous ont encore
fait descendre d’un cran dans la pauvreté et la désespérance, tant la
situation des familles de ces enfants est précaire. L’un des membres de notre
délégation s’est même déclaré très ému, lors de la remise à une de ces
enfants de 9 ans d’un colis de son parrain resté en France, de le voir lui
écrire une lettre de remerciement d’une belle écriture en français et sans
aucune faute d’orthographe dans un environnement difficile.



Tout cela n’a pas
empêché une partie du groupe d’aller découvrir la vie dans les villages de
brousse en visitant le sud-ouest du pays.
Et pour finir nous avons
planté un arbre à l’effigie de Loudun dans le parc Gangr’Wéoogo, une
forêt aménagée de 240 ha en plein cœur de la ville et cet arbre est un néré,
l’arbre de vie au Burkina car avec lui tout s’utilise ; le bois, les
feuilles et les graines. Il y avait déjà l’avenue de Loudun, une grande
artère de Ouagadougou, il y avait le “Jardin de l’Amitié Ouaga-Loudun”,
un des 7 jardins publics qui a fait l’objet d’un chantier de jeunes
loudunais en 1996, il y a maintenant un arbre de Loudun dans le “poumon vert”
de la ville et lieu de promenade préféré des ouagalais. Les loudunais sont
aussi chez eux à Ouagadougou !
Le
parrainage d'enfants dans la crise mondiale.
Afin de renseigner les
futurs parrains sur la nécessité de soutenir un enfant proposé à leur
parrainage, les services sociaux de Ouagadougou établissent une fiche
familiale. Sur beaucoup de ces fiches il est inscrit que « la mère essaie
d'assurer un repas par jour à sa famille ». Imaginez ces enfants allant à l'école
le ventre vide (s'ils y vont !) et jeûnant encore le midi, d'autant plus que
les essais de cantine scolaire ont tous échoués dans cette ville car les
parents ne peuvent pas payer. On comprend les enseignants qui se plaignent de ne
pas pouvoir capter l'attention de certains enfants.
Croyez bien que la crise alimentaire due à la mauvaise récolte locale de 2007
à laquelle s'est ajoutée l'augmentation, comme chez nous, des prix
alimentaires mondiaux et notamment du riz qui constitue une part importante de
l'alimentation des burkinabè (sac de riz 2 fois 1/2 plus cher), n'arrange pas
la situation de familles consacrant presque 100% de leurs maigres revenus à
l'alimentation.
Cela justifie les émeutes de la faim en Afrique et notamment au Burkina Faso,
relatées par nos journaux.
Et maintenant c'est la crise financière mondiale qui va durement éprouver les
plus pauvres, car comme ils n'ont rien d'autre à perdre, c'est très concrètement
la nourriture qui leur sera enlevée de la bouche !
Une consolation, c'est que tous nos enfants parrainés, issus pourtant des
familles les plus démunies, ont poursuivis normalement leur scolarité. Le
parrainage y a été pour beaucoup avec l'attention des services sociaux qui les
suivent. Car notre parrainage à 65 euros permet aussi d'habiller ces enfants et
de les soigner en cas de besoin mais il autorise également l'achat ponctuel de
quelques sacs de riz pour dépanner les familles.
Evaluation des cours d'alphabétisation :
Après 10 années d'alphabétisation
de 125 femmes commerçantes tous les ans, nous avons souhaité une évaluation
dont le rapport vient de nous parvenir.
La conséquence c'est qu'il va falloir accroître notre effort tant il répond
à un besoin.
Les anciennes apprenantes déclarent avoir amélioré la vie de leur famille et
leur activité commerciale. Elles évoquent même une plus grande ouverture dans
leur milieu, allant pour certaines jusqu'à l'engagement politique. et cela par
des acquis très simples comme l'accès au téléphone portable, à la
calculette, aux sources d'information .
Ce qui nous est demandé c'est le triplement des centres d'alphabétisation, des
stages complémentaires d'application des acquis à l'exercice d'une profession
ou à la conduite d'une entreprise et un suivi post-formation ; accès au
micro-crédit, suivi des entreprises, stages annuels (2 ou 3 jour) de
perfectionnement.
L'éducation, qu'il s'agisse de la scolarisation des enfants, de la formation
professionnelle ou de l'alphabétisation des adultes, est bien la voie primaire
de tout développement.
Voyage
à Ouagadougou en janvier 2009 :
11 personnes partent de
Loudun pour un séjour à Ouagadougou du 14 au 24 Janvier. L'objectif ; le point
sur l'avancement des projets que nous appuyons, inscrits dans un programme de 3
ans (2007 à 2009), la préparation du programme suivant à partir de 2010, l'étude
avec les services sociaux des améliorations à apporter aux parrainages
d'enfants et des visites dans des écoles accueillant des enfants parrainés et
dans les familles de ces enfants pour recueillir l'avis du terrain, quelques
visites d'établissements d'enseignement technique pour y développer un système
de bourses pour les élèves les plus démunis. Quelques sorties touristiques
permettront à ceux qui viennent pour la première fois de découvrir le pays.
Réunion
du bureau élargi
le mercredi 12 novembre :
-
voyage à Ouagadougou
- rapport d'évaluation de 10 années
d'alphabétisation des femmes
- relations avec le jumelage CCPL/Dapélogo
- le point sur nos coopérations
-
le point sur les parraingaes
- le point sur les animations à prévoir en
2009
- le point sur la communication (site
internet)
- divers
Voici
un poème
écrit par Rej sur le site poèsieland relayé par le nouveau site :
http://loudun.discuforum.info/
COULEURS
Black, blanc, beur, les couleurs tatouées sur ta peau
Te rappellent qu’il faut apprivoiser tes peurs,
En te débarrassant de tous leurs oripeaux
Pour transformer en or les moments de torpeur.
Black, blanc, beur, et le temps, infâme renégat
Réveille ces enfants qui couraient les pieds nus
Le soir au grand soleil dans les rues de Ouaga,
Quémandant un bonbon aux passants inconnus.
Que sont-ils devenus tous ces amis là-bas,
Sont-ils plus malheureux ou plus heureux que toi,
On ne peut envier ce qu’on ne connaît pas,
Et les rêves étoilés n’ont pas besoin d’un toit.
Le passé, l’avenir, au présent se confondent,
Regarde vers demain, sans t’inventer de vie
Belle et mystérieuse, sans colère qui gronde,
En rattrapant les rêves qui t’ont poursuivi.
Black, blanc, beur, tu feras de toutes ces richesses
Un autre Eldorado où tu vivras heureux,
En écoutant parler la voix de la sagesse
Qui prête à tes couleurs un parfum savoureux.
(08/02/06)